Visite d’une station d’épuration

Compte-rendu complet et album photos de la visite de la station d’épuration de Doha Nord par les 3ème D

Le jeudi 29 mars dernier, les élèves de la classe de 3ème D ont visité la station d’épuration DNSTW : Doha North Sewage Treatment Works, à 27 km au Nord-Ouest de Doha, entre la commune d’Um Slal et celle de Al Shahanyia. Cette usine est opérée par Keppel Seghers pour le compte d’Ashghal.

Cette station d’épuration est une des trois grandes stations qu’exploiten Ashghal au Qatar avec celle de Doha Sud et celle de Doha Ouest, en plus d’autres petites stations disséminées dans  le pays. Celle-ci est dimensionnée pour traiter 245 000 m3 d’eaux usées par jour et peut traiter l’eau usée produite par une population d’1 million d’habitants. La station fonctionne depuis le 10 décembre 2015, soit 10 ans après la signature du contrat en 2006. Le contrat d’exploitation a une durée de 10 ans et prendra fin le 09 décembre 2025.

Ce gigantesque site qui nous est présenté par M. Marchand traite environ 1/3 des effluents produits actuellement au Qatar. Ici, le traitement des boues est particulier car celles-ci ne seront pas envoyées en décharge mais transformées en fertilisants. Sur le site, il y a donc deux filières : le traitement de l’eau et celui des boues.

Commençons par le traitement de l’eau : quelles sont les 10 étapes du traitement des eaux usées ?

  1. Les eaux sales domestiques sont collectées via un réseau qui chemine vers des petites stations de pompage.
  2. Ces eaux sont collectées ensuite dans une grande station de pompage de 30 mètres de profondeur près d’IKEA et acheminées jusqu’à la station Doha Nord par 3 tuyaux d’1,6 m de diamètre et ce, sur 25 km.
  3. Une grille avec des trous de 6mm de diamètre trie les premiers déchets par leur taille.
  4. Ensuite, le sable noir recouvert de matière organique est récupéré.
  5. Dans le Bioreactor, un bouillon de culture de bactéries mange la pollution (carbone, azote, phosphore).
  6. S’ensuit une réaction physique : la décantation de l’eau qui se sépare de la boue dans le clarificateur. Ensuite, un peu de chlore y est ajouté pour tuer les dernières bactéries.
  7. L’eau passe ensuite dans un filtre à sable afin d’enlever les dernières particules visibles.
  8. L’ultrafiltration force l’eau à passer au travers d’une membrane percée de trous de 20 nanomètres de diamètre qui arrête protozoaires, métazoaires et dernières bactéries, ainsi que certains virus : à ce stade, l’eau n’a plus d’effet contagieux.
  9. L’étape ultime de l’ultra-violet achève de traiter l’eau afin de détruire les virus pouvant être présents. Au total, 99,9% de la pollution est enlevée des eaux traitées.
  10. Une grosse station de pompage renvoie ensuite les eaux traitées dans Doha et le surplus dans un lagon de 5 millions de m3 dont nous avons fait le tour en bus.

 

La deuxième filière concerne le traitement de la boue : la station de Doha Nord récupère toutes les boues des autres stations pour produire 50 tonnes de billes de fertilisants par jour. Le blocus imposé au Qatar depuis juin 2017 stimule la demande en fertilisants naturels pour l’aménagement des parcs et espaces verts. La production de la station Doha Nord ne satisfait pas la demande. Le recours aux fertilisants chimiques (produits par QAFCO) est inévitable.

Au départ, la boue est liquide. Il faut la dessécher et en faire des billes en 3 étapes:

  1. Une centrifugeuse qui tourne à 4000 tours/minute permet d’obtenir une boue pâteuse, plus concentrée.
  2. La digestion aérobie de la matière organique permet de stabiliser les boues pour les rendre moins fermentescibles.
  3. Le sécheur de 6 m de diamètre souffle un air à 400°C qui fait sortir la boue sous forme de petites billes mises en sac de 10 kg puis sur palettes ou en camion pour être vendues. La teneur en humidité à ce stade est inférieure à 5%.

Un laboratoire analyse ensuite les boues ainsi traitées et détecte les traces éventuelles de métaux lourds. Les boues chargées en métaux lourds peuvent être évacuées à Messaieed afin d’isoler tout produit non conforme. Les boues doivent être conformes aux standards américains (USEPA).

Des serres de concombres, fraises, maïs, des bassins de pisciculture, des semences de pelouses tests pour la Coupe du monde sont à l’étude pour analyser l’impact des boues traitées sur les produits naturels fertilisés.

Un code couleur national différencie les camions jaunes transportant les eaux usées des camions blancs (eau potable) et verts (eaux traitées).

8000 camions par jour acheminent les eaux usées sur les différents sites d’Ashghal à raison de 20 m3 par camion.

90 000 arbres de 27 espèces différentes ont été plantés autour du site de Doha Nord. Le sort de cette forêt en devenir est encore à l’étude. Sujet à suivre quant à une exploitation éventuelle pour le grand public…

Après ce compte-rendu détaillé, voici un reportage en arabe réalisé le jour de la visite. 

[ngg_images source=”galleries” container_ids=”19″ display_type=”photocrati-nextgen_basic_slideshow” gallery_width=”1014″ gallery_height=”400″ cycle_effect=”fade” cycle_interval=”10″ show_thumbnail_link=”1″ thumbnail_link_text=”[Montrer sous forme de vignettes]” order_by=”sortorder” order_direction=”ASC” returns=”included” maximum_entity_count=”500″]