Poèmes sur l’état d’âme de nos 3èmes

Evadez-vous avec ces 10 poèmes écrits par des élèves de 3ème. Bonne lecture

Le paysage état d’âme

Pendant cette période de confinement, les élèves de 3ème B et C ont composé un poème en prose ou en vers qui décrit un paysage état d’âme. C’est-à-dire un poème dans lequel la nature reflète l’âme du poète. Ainsi, paysages intérieur et extérieur sont à l’unisson.

Les élèves ont exprimé leur sentiment de solitude, leur nostalgie, leur mélancolie, leur désir de liberté et leurs espoirs.

 

Quand mes cauchemars prennent vie, quand rongé par l’ennui, le cauchemar me poursuit, la vie cède la place à la mort. Quand dans ce monde que je redécouvre se réincarnent les souvenirs que je croyais disparus à tout jamais et me replongent dans le gouffre sans fond qu’est mon passé, je cède à la folie.

Le ciel n’est plus que nuages noirs comme la nuit, cette nuit qui supplante le jour et plonge mon monde dans les ténèbres ; le ciel est mon âme.

La terre n’est plus que morgue à ciel ouvert, où toute humanité semble avoir disparu et où les monstres de mes cauchemars prennent vie ; la terre est mon corps.

Le calme, qui autrefois m’apaisait, cède la place au grondement du tonnerre qui me rend fou et finira bien par me tuer.

La pluie, barreaux humides derrière lesquels je reste captif, m’empêche de fuir ces terres brûlées, épaves d’un monde dans lequel je croyais jadis, ces terres dans lesquelles je me reconnais aujourd’hui, moi, l’ombre de ce que je fus autrefois.

Ce monde est ma prison. Les gouttes de pluie sont mes barreaux, les arbres dénués de feuilles sont mes geôliers, leurs branches sont mes larmes, mon corps est mon linceul. Prisonnier de moi-même, j’attends, même si je n’ai plus rien à espérer de ce monde… Je disparaîtrai bientôt… Mes veines sont aussi vides que le lit d’une rivière asséchée et ces monstres qui comme moi, furent un jour bien en vie, sont comme la boule de cristal noir dans laquelle je cherche mon avenir…

Dans leurs yeux comme dans les miens ne brille aucune vie. De leur peau comme de la mienne n’émane aucune chaleur. Dans leur poitrine comme dans la mienne, aucun battement. Leur âme, comme la mienne, est aussi vide que ce ciel obscur. Ils se rient de mon désespoir et méprisent le temps qui passe. Ils m’aspirent dans ce monde irréel. Ils erreront dans cette prison pour l’éternité, jusqu’à ce que l’inhumanité des hommes finisse écrasée sous ce ciel noir, comme je finirai broyé par cette vision apocalyptique, et la vérité qui s’en échappe : je suis devenu fou…”

Max Todaro (3C).


Le balcon

Dans un coin des pots de fleurs sont empilés. Certains sont à moitié remplis de terre tandis que d’autres sont totalement vides, certains sont grands tandis que d’autre sont petits, certains sont multicolores tandis que d’autres sont monochromes. Le sol est jonché de feuilles mortes et de terreau mais ce n’est pas sale. Le rouge, le jaune, le vert et le marron des pousses et de la terre se marient de façon à créer un tableau de forêt. Sur la rambarde du balcon, les fleurs sont toutes apprêtées. Aucune mauvaise herbe, aucune feuille morte, aucune pousse flétrie ne vient entacher la beauté de cet ensemble. Les géraniums roses, violets et jaunes embaument le balcon d’une odeur exquise et apaisante. A l’arrière, protégée du paravent se dresse une table remplie de feuilles de papier, de ciseaux, de crayons de couleurs et de paillettes accompagnée de trois chaises. Une bougie diffusant une odeur de vanille finit de brûler. Dans l’appartement, les lumières du sapin brillent et les éclats de rires font écho aux verres s’entrechoquant. Les flocons tombent sur le petit parc au-delà du balcon. Les toboggans, tourniquets et balançoires se recouvrent d’une fine couche de neige qui donne au paysage une allure féerique. Et, une petite fille allongée par terre sent des flocons lui tomber sur le visage en en savourant la morsure sur sa peau douce, un sourire heureux aux lèvres.”     

Céleste Plaine (3B).


La mer, tapissée de mille teintes de bleu, couleur froide pourtant chaleureuse aux yeux des Hommes, ne fait qu’un avec les cieux. Dansante du lever jusqu’au coucher de soleil, la mer, libérant ses vaguelettes, dégage avec elle odeur de sel et sons mélodieux. Témoin d’innombrables éclats de rire, de secrets, de pleurs, de cris, la mer emporte avec elle, comme indifférente, tous nos maux et nos souvenirs ; ne laissant derrière elle qu’un tapis de dentelles intensément blanchâtres.  Dans l’ombre, la lueur d’argent laisse entrevoir l’espoir, lueur qui plaît à mes regards et emporte au loin mes rêves et pensées. Maléfique divinité, la mer nous encre à jamais son paysage aux couleurs bleu azur et aux mâts apparents, seul remède: y retourner et tout recommencer.”

Clémence Gauchez (3B).


Face à cette falaise, un sentiment de liberté m’emporta

Le soleil à peine levé en ce jour d’été,

A mes pieds, se trouvait la mer,

L’odeur de l’eau salée envahit mes narines.

Mon corps, mes jambes et mes mains se promenaient ;

Mes sentiments, ma tendresse et ma joie s’éveillaient.

Le bruit des vagues envoûta mon âme,

Ce paysage n’est qu’un exemple parmi tant d’autres sur cette Terre.

Emmenez-moi visiter tous ces paysages.”

Sirine Askri (3B).


Debout, immobile, les bras ballants, sans force,

Je réalise l’étendue des dégâts.

Devant moi, des cendres encore fumantes à perte de vue.

Là où se tenaient encore hier des géants verts,

Il n’y a que poussière.

C’était le lieu des rires et de la jeunesse,

Il n’y a plus que tristesse.

 

Tout à coup, un rayon de soleil, tel un projecteur,

Éclaire au milieu de ce champ de malheur,

Un brin vert seul et solitaire.

Il se dresse tourné vers le ciel,

Symbole d’espoir dans tout ce noir.”

Océane Hage (3C).


Sur ces étoiles filantes, la nuit me répond,

Sur ces arbres géants, les feuilles me disent espoir,

Sur ces avenues bruyantes, la lumière m’éclaire 

Sur cette terre, la vie m’oppresse.

 

Je promène mes mains, mes lèvres, ma tendresse,

Je promène mes pas, ma tristesse et mon coeur,

Les rosiers, les fleurs de Valentine se transforment en fleurs du mal,

Leurs épines me piquent comme le vide traversant un désert,

 

Je suis l’hiver pour la froideur de sa saison,

Je suis le printemps pour la végétation et ses papillons,

Je suis l’été pour la houle des vagues,

Je suis l’automne pour les feuilles tombantes redonnant la vie,

 

Je suis la terre,

La nouvelle terre celle qui m’a offert la vie,

Celle qui m’a offert les lacs, les mers, les océans,

Celle qui m’a offert la joie, la tristesse, la peur

Celle qui m’a offert la vie avant la mort.”

Nina-Lou Fanget (3C).


La lumière transperce délicatement la noirceur des arbres,

Tout comme la joie tente de faire disparaître ma tristesse.

Je n’arrive, bizarrement, jamais à rester de marbre

Devant un paysage rempli d’une telle ivresse

Quand je regarde ce paysage,
Je me revois dix années plus tôt,
Dans cette vallée dorée par le soleil,
Remplie d’or et de merveilles.”

Emna Ouled Jaballah (3B).


Les larmes du ciel

En levant mes pauvres yeux fatigués je remarque

Le ciel gris avec ses sempiternels nuages se déplacer

À leur gré, Puis sans un bruit une larme du ciel se dépose sur ma joue

Venant Se mêler aux miennes

Tout d’un coup, le tonnerre se fait entendre et vient remplir l’air faisant écho à mes sanglots.

Les battements irréguliers de mon cœur comme l’éclair se répercutent dans mon corps. 

Je trouve du réconfort auprès des cieux qui partagent ma tristesse.”

 Meinel Chiali (3C).

 —

L’hiver

“Ravissante neige, se déposant sur les arbres dénudés de l’automne, tel un fin et doux voile bloquant ma mélancolie de l’été. Tout est blanc, seuls quelques petits points colorés dansent autour des cheminées fumantes, semblables aux souvenirs de chaleur, soleil et verdure, qui s’évanouissent peu à peu avec le temps, laissant place à une nouvelle histoire. Á l’aube, quelques maigres flocons tombent sur le parterre de neige, recouvrant les impuretés par une fine couche pâle. Phénomène me remémorant l’extase que j’avais plus jeune devant une boule de neige.” 

Heloise Boisard – Petrissans (3B).                                                                                                     

Par-delà les mers aux vagues déchaînées et par-delà les terres aux sols labourés, au-dessus de chaque dune solitaire et au-dessous de chaque ciel étoilé, je sens errer en moi des souvenirs d’enfance. Les doux soirs printaniers, sous chaque clair de lune qui brille au noir firmament, je sens venir et revenir une étrange nostalgie. Le ciel noircit peu à peu et un nuage de mélancolie s’empare de moi et de mes pensées, tel un esprit malfaisant. Je reste debout, sur le sable sombre. Debout devant l’horizon noir. Une solitude, aussi paisible que terrible continue de m’envahir, petit à petit, comme une flamme éternelle. Et le serpent de la solitude se remit à ramper sur mon cœur.”

Sarah RAMLI (3B).